Nouvelle année, nouveaux pas, même rengaine. Comme l’impression que peu de choses changent. Même tristesse, même solitude cachée derrière de grands sourires photogéniques. Comme si tout allait dans le bon sens, comme si mon agenda surbooké ne cachait pas un vide profond. Un grand vide sur lequel je n’ose poser de noms. Famille et amis sont dérisoires face au grand trou noir. Des mots pour rassurer, des mots qui frappent trop justes, des mots venant de ceux qui savent. Cette insomnie, cette agonie qui ne sait fondre au soleil. Avancer au rythme des jours, des rendez vous marqué de noir sur papier bordé de rouge. Suive l’agenda à la lettre, se maintenir occupée pour ne pas connaître l’oisiveté. S’empêcher de penser, ne pas vouloir se retourner vers ces années qui disparaissent petit à petit. Inéluctablement, l’année nouvelle signe aussi la fin proche de la vie étudiante. Bientôt autonome, bientôt seule face à la réalité. Peur, peur de cet inconnu depuis si longtemps connu. Après c’est trop tard. La vie étudiante sera loin derrière et il reste encore des cartouches inutilisées de ce qui se devait être le plus beau moment d’une vie. Il ne fut qu’horreur et trop vide. Vide total, tristesse absolue.